GRENOBLE
Presqu’île – Place Paul Huillier
Grenoble Presqu’île : l’aménagement concerté de la place Paul Huillier
La place Paul Huillier hier
La place Paul Huillier est un espace public ancien et structurant du quartier Durand-Savoyat, dont la forme et la vocation sont restées remarquablement stables depuis près d’un siècle.
Elle apparaît dans une photo de 1925, occupant la même emprise qu’aujourd’hui.
Cette permanence spatiale témoigne de son rôle central dans l’organisation du quartier et de sa capacité à traverser les époques sans perdre sa fonction de lieu de passage, de rencontre et de respiration urbaine.
La place s’inscrit également dans une continuité paysagère forte avec le mail planté des anciens abattoirs, dont elle prolonge naturellement l’axe. La place Huillier en constitue l’aboutissement logique, à la fois pivot historique et articulation contemporaine entre les différentes séquences du quartier.
Par ailleurs, le cadre bâti environnant n’a que peu évolué au fil du temps, notamment rues Elie Vernet, rue de la Mure et rue de Mens, conservant une relative cohérence architecturale et urbaine. Le Clos des Fleurs et la copropriété située à l’angle sud-est de la place constituent des interventions plus récentes, contrastant avec la stabilité du tissu urbain alentour mais renforçant le rôle de centralité de la place. Cela renforce le caractère patrimonial et l’identité du site, que le projet de réaménagement entend valoriser tout en l’adaptant aux usages contemporains.
2025/2026 Le projet, les travaux
Le projet de réaménagement vise à révéler et valoriser cette mémoire urbaine, en réinscrivant la place dans une trame paysagère cohérente, respectueuse de son héritage tout en répondant aux enjeux actuels de confort, de mobilité douce et d’urbanisme favorable à la santé.
Conformément aux souhaits des riverains et dans la mesure où la place fait figure de centralité de commerces et services de quartier, une partie des places de stationnement est conservée pour répondre aux besoins locaux, mais la zone de stationnement centrale sur la place elle-même a été supprimée afin de libérer l’espace public et amorcer la transformation du site en soulignant la traversée. Des places de livraison, indispensables au bon fonctionnement des commerces de proximité, ainsi que
l’installation d’arceaux vélos complémentaires pour encourager les mobilités douces ont été mis en place.
La présence de réseaux souterrains (eau, assainissement, gaz, électricité, télécommunications, etc.) a constitué une contrainte majeure, limitant les zones pouvant être déminéralisées et végétalisées. Ces contraintes techniques ont imposé une approche fine et évolutive, où chaque intervention est pensée pour préfigurer les usages futurs, tout en respectant les infrastructures existantes.
La participation citoyenne
Le projet a été concerté en 2025 avec l’aide précieuse de l’Union du quartier dans le cadre d’ateliers participatifs.
La dynamique du secteur et le dispositif « Chantier Ouvert au Public » a permis de réaliser au printemps 2026 en participation citoyenne de magnifiques mobiliers en bois.
Intervenants
Porteur du projet : Ville de Grenoble
Aménageur et maître d’ouvrage : Société d’Economie Mixte InnoVia, membre de GRINNTERS
Maître d’œuvre – paysagiste : Allimant paysages
Entreprise de travaux : Sports et Paysages
« Chantier Ouvert au Public » : Ville de Grenoble – Service Espace Public et Citoyenneté
Chiffres clés
– 470 m² de bitumes retirés
– 208 m3 de terres végétales apportées
– Des jardinières végétalisées en négatif pour l’infiltration des eaux pluviales
– 11 arbres de tige et 5 arbres en cépée
– 1 600 plantes vivaces , 1 900 plantes couvre-sols et 200 bulbes
– 22 arceaux vélos
– du mobilier bois réalisé en participation citoyenne
– 2 grumes de bois sciées et posées comme assises supplémentaires

> La « place » avant les travaux
Un espace public dénommé « place », mais dont la configuration et les usages sont devenus au fil du temps un carrefour routier.

> La place en 1925
Paul Huillier (1909-1944) était un résistant du Vercors, membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Avec sa famille, il participe à l’accueil de jeunes réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO) et met les moyens de transport de l’entreprise familiale au service de la Résistance.
Il est assassiné à Grenoble dans la nuit du 20 au 21 août 1944, quelques jours avant la Libération.





